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Paris compte un grand nombre de statues, dont la plupart sont apparues à la fin du XIXe et début du XXI siècle, dans une dynamique d’enrichissement culturel du paysage urbain de la capitale. En vous baladant dans les rues de la capitale, vous pourrez en découvrir beaucoup sur des thèmes très variés : statues équestres, figures historiques importantes, statues animalières, etc. En attendant si vous ne savez toujours pas où aller pour voir les plus belles statues, nous vous en avons sélectionné 6 avec de belles histoires à découvrir.

Pour retrouver cette sélection, vous pouvez la consulter dans la liste Les plus belles statues de Paris sur notre application.

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Statue de Jeanne d’Arc

 

L'histoire de la statue de Jeanne d'Arc

Un jour de plus à Paris

La statue Jeanne d’Arc a été créée en 1874 par Emmanuel Frémiet, sculpteur le plus en vogue de l’époque. La statue a été conçue en bronze doré. Elle représente Jeanne d’Arc tête nue, sur un puissant cheval, portant une armure et brandissant son étendard de la main droite.

Sa symbolique est donc la « reconquête ». La statue est située au centre de la place des Pyramides, dans le 1er arrondissement de Paris.

Son emplacement est également symbolique, puisqu’il est à proximité du lieu où Jeanne d’Arc aurait été blessée lors de sa tentative, qui fut un échec, de prise de Paris en 1429.

Cette statue est également classée Monument historique depuis 1992.

La réalisation de cette statue fut une commande du gouvernement français, qui s’inscrit dans le contexte de défaite de la France face à la Prusse en 1870. Cette commande faite par la Troisième république, nouvellement proclamée, avait pour objectif de redonner fierté et espoir au peuple français. Jeanne d’Arc est en effet un symbole fort, représentant le combat et la persévérance. Pour la réaliser, le sculpteur s’est inspiré d’une paysanne lorraine vivant à Domrémy, village de Jeanne d’Arc.

L’histoire de cette paysanne rejoint également celle de Jeanne d’Arc sur un autre point, cette dernière décéda aussi brûlée vive, mais dans l’incendie de son immeuble. Cette Statue est également un symbole important pour les femmes à l’époque, puisque ces dernières étaient et sont encore peu représentées dans l’espace public.

On ne compte seulement qu’une quarantaine de statues à l’effigie de femmes à Paris actuellement. De plus, la décision d’élever pour Jeanne d’Arc une statue équestre était une marque de progrès, car cela était un privilège réservé en France aux souverains et aux chefs militaires, tous alors masculin à l’époque.

À noter que la période 1870-1914 est qualifiée « d’âge d’or de la statuomanie ». Ce n’est pas moins de 150 statues qui ont été érigées dans la Ville Lumière pendant cette période (contre seulement 26 entre 1815 et 1870). La statue de Jeanne d’Arc est néanmoins l’unique commande passée par l’État (les autres sont liées à des initiatives privées).

Cette statue cache cependant un secret dont beaucoup ignorent probablement l’existence. Sur la place des Pyramides, ce n’est plus la statue d’origine que l’on voit aujourd’hui : elle a été remplacée par son créateur. Les raisons de ce changement ? Très vite après sa création, la statue a été critiquée par l’opinion publique. Alors vexé par ces remarques, le sculpteur Frémiet décide de réaliser dans le plus grand des secrets une nouvelle statue équestre pour remplacer la première.

Mais comment le sculpteur a-t-il fait pour échanger les statues ? En 1898, lors des travaux de construction du métro à Paris, la statue doit temporairement être enlevée. C’est alors une opportunité à ne pas manquer pour le sculpteur. Discrètement et à ses frais, il réalise l’échange entre les deux. Il a également recouvert la nouvelle statue d’une patine dorée afin de mieux dissimuler la substitution. C’est pourquoi la statue actuelle est dorée mais celle d’origine ne l’était pas.

Statue équestre Henri IV

 

Statue équestre d'Henri IV (Paris)

© Tripadvisor

Toujours dans le registre des statues équestres, celle-ci fut réalisée en 1818 par l’architecte François-Frédéric Lemot. Elle est située sur le Pont-Neuf dans le 1er arrondissement de Paris.

Cette statue est faite en bronze et représente le roi de France Henri IV en armure, couronné de laurier et tenant dans sa main droite un sceptre à fleur de lys.

Son regard est en direction du quai des Orfèvres, tandis que le cheval regarde le quai de l’Horloge. La statue est posée sur un piédestal, sur les côtés duquel on trouve des bas-reliefs.

L’histoire de la statue a connu quelques rebondissements au cours de l’Histoire, et cette dernière a gardé un secret enfoui en elle pendant de longues années que peu de gens connaissent.

Le premier fait est que la statue présente sur le pont n’est pas l’originale. La première version de la statue date de 1614 où elle fut inaugurée à Paris. Environ 10 ans plus tard, pendant la Révolution Française, la statue est prise d’assaut par les révolutionnaires et fut démembrée jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien ou presque. C’est ainsi qu’en 1818, une nouvelle statue (celle qui est toujours présente actuellement) est inaugurée une second fois à Paris à l’initiative de Louis XVII, marquant le retour du pouvoir royal en France.

Parmi les ouvriers ayant travaillé sur la nouvelle statue, se trouvait un fondeur appelé Mesnel, qui avait des points de vue politiques davantage bonapartistes que royalistes. Des textes racontent alors qu’il aurait caché dans le bras gauche de la statue plusieurs pamphlets défavorables à la dynastie des Bourbons dont faisait partie Henri IV, ainsi qu’une statuette de Napoléon 1er. Ne prêtant pas attention à cette légende, le temps s’écoula sans que personne ne la vérifie.

C’est alors que l’histoire refait surface en 2004. Profitant de la restauration de la statue qui devait être faite, cette dernière est fouillée. On y retrouve 7 boîtes de plomb scellées sur lesquelles le nom de Mesnel est gravé. À l’intérieur, on y retrouvera des textes anti-royalistes, un récit sur la mise en place de la statue et des dizaines de médailles illustrant des pans de vie de la famille royale.

Cette histoire a fait le bonheur des historiens et amateurs de chasse aux trésors.

Le « Passe-Muraille »

 

Le Passe-muraille à Paris

© Paris la douce

Cette statue est sans doute la plus atypique et surprenante de la capitale, qui ne manquera pas de vous étonner si vous avez l’occasion de passer devant. Depuis 1989, elle est située sur la place Marcel Aymé dans le 18e arrondissement.

Elle rend hommage à Marcel Aymé (1902-1967), qui est décédé à proximité de la place, dans son appartement de la rue Norvins. Il était écrivain, dramaturge, nouvelliste, scénariste et essayiste. Il est connu pour de nombreux livres, notamment le livre pour enfants Les contes rouges du chat perché.

La sculpture a été imaginée et réalisée par l’acteur, écrivain et sculpteur Jean Marais. Elle est faite en bronze. Cette œuvre est la représentation de l’une des nouvelles les plus connues de Marcel Aymé, le Passe-Muraille.

Publiée en 1943, cette courte histoire raconte l’histoire d’un employé de bureau nommé Dutilleul, qui se rend compte un beau jour qu’il possède une capacité hors-norme : celle de pouvoir traverser les murs. Galvanisé par ce pouvoir, il va en abuser et va finir par se perdre et se retrouver bloqué dans un mur situé près de son domicile à Montmartre.

Cette statue donne ainsi vie à la nouvelle de l’écrivain. Presque tout dans la réalisation de la statue correspond à l’histoire de Marcel Aymé, à l’exception d’un détail. Ce n’est pas le visage du héros de la nouvelle qui est représenté sur la statue, mais celui de Marcel Aymé, permettant ainsi de rendre un bel hommage à cet écrivain emblématique de Montmartre.

Statues du parvis du Musée d’Orsay

Les sculptures du parvis du Musée d'Orsay

© Paristoric

Sur le parvis du Musée d’Orsay, nous pouvons retrouver trois statues d’animaux : un rhinocéros, un éléphant et un cheval. Ces statues animant la place font partie d’un ensemble de quatre statues de bronze monumentales (les trois citées ci-dessus + une statue de taureau qui est située à Nîmes), placées à l’origine autour d’une fontaine devant le Palais du Trocadero, qui fut détruit en 1935.

La première statue, le rhinocéros, a été réalisée par Henri Alfred Jacquemart et créé dans les usines de J. Voruz Aîné à Nantes. Cette statue fut présentée à l’exposition universelle de 1878. Placée à l’origine devant le Palais du Trocadero, elle fut démontée en 1935 lors de sa démolition.

Le rhinocéros de Jacquemart fut alors installé Porte de Saint-Cloud jusqu’en 1985, puis devant le Musée d’Orsay avec le cheval et l’éléphant.

Les sculptures du parvis du Musée d'Orsay

© Paristoric

La deuxième statue représente un jeune éléphant pris au piège. Cette statue a été réalisée par Emmanuel Frémiet (1824-1910). Ce dernier exécutait des œuvres de commandes patriotiques (comme la statue Jeanne d’Arc ci-dessus) dans le style néoclassique, tout en étant reconnu comme un grand artiste dans les sculptures animalières d’inspiration naturaliste.

Frémiet est aussi connu pour son style réaliste. Ce dernier a même été membre de l’Académie des Beaux Arts, à partir de 1892. Il a également été professeur de dessin animalier au Musée d’Histoire naturelle de Paris.

Son jeune éléphant grandeur nature, qui a connu le même parcours que le rhinocéros de Jacquemart, fut acquis par le Service d’achat aux artistes vivants pour le Palais du Trocadéro à Paris, à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1878.

Enfin la troisième statue s’appelle Le Cheval à la Herse. Cette statue a été réalisée par Pierre Rouillart (1820-1881). Il était professeur de sculpture à l’École de dessin (actuelle École des Arts Décoratifs) de 1840 à 1881 et a eu notamment comme élève le sculpteur animalier François Pompon.

Il réalisa également des sculptures décoratives pour l’Opéra de Paris et le Palais du Louvre. Sa statue de cheval est réalisée en fonte de fer. Il s’agit d’une technique populaire à l’époque dont l’introduction était assez récente. Elle permettait de multiplier les commandes publiques à partir du Second Empire, en raison de son faible coût de revient et du gain en matières premières qu’il était possible de faire grâce à elle.

Lors de votre prochaine visite au Musée d’Orsay, vous aurez donc la possibilité de contempler ces trois belles statues situées juste devant l’entrée du musée.

Statue « Le Centaure Nessus enlevant Déjanire »

 

Le Centaure Nessus enlevant Déjanire - Paris

© Wikimapia

Cette statue de style classique, directement inspirée de la mythologie grecque et romaine, a été réalisée en 1892, par Laurent Honoré Marqueste (1848-1894).

Elle mesure 3,05 mètres de hauteur et est placée au jardin des Tuileries depuis 1894, soit deux ans après sa création.

Cette statue fait écho au tableau de Louis-Jean-François Lagrenée datant de 1755, « L’Enlèvement de Déjanire par le centaure Nessus ».

L’histoire de cette statue provient du livre Les Métamorphose d’Ovide. Ce livre nous raconte que Déjanire était l’épouse d’Hercule. Après avoir vaincu Acheloüs, Hercule confia Déjanire au centaure Nessus qui lui proposa de lui faire passer la rivière Evene.

Cependant, ce dernier charmé par la beauté de Déjanire, tomba amoureux de la princesse. Le centaure tenta alors de l’enlever en retournant sur l’autre rive du fleuve. Entendant les appels au secours de Déjanire, Hercule atteint le centaure d’une flèche empoisonnée du sang de l’Hydre pour sauver sa femme.

Statue de la fontaine des Quatre-Parties-du-Monde

 

Fontaine des Quatre-Parties-du-Monde

© Wikipédia

Ici la statue se trouve au centre de la Fontaine des Quatres-Parties-du-Monde. Cette fontaine construite entre 1867 et 1874, est située dans le jardin des Grand Explorateurs Marco-Polo et Cavelier, qui prolonge la rue de l’Observatoire en direction du jardin du Luxembourg.

Elle est aussi appelée fontaine de l’Observatoire et fontaine Carpeaux. Cette dernière fut dessinée par Jean-Baptiste Carpeaux, sculpteur, et exécutée par Gabriel Davioud, architecte.

Emmanuel Frémiet et Eugène Legrain (sculpteurs) et Louis Villeminot (ornemaniste), participèrent aussi à sa réalisation. Cette remarquable statue est inscrite aux Monuments historiques depuis 1926.

Le thème de la fontaine est directement lié à l’Observatoire de Paris, qui se trouve à proximité. Les statues de la fontaine représentent alors les quatre parties du monde, qui sont symbolisées par quatre femmes qui soutiennent la sphère céleste (dont une reproduction est visible au Musée d’Orsay).

Elles représentent L’Afrique (symbolisée par une femme noire), L’Amérique (femme Amérindienne), L’Asie (femme Asiatique) et L’Europe (femme europoïde). L’Afrique porte une chaîne brisée à la cheville qui n’est pas tout à fait libre, car l’Amérique a le pied dessus. Il s’agit d’une référence au mouvement d’abolition de l’esclavage, alors inachevé dans le monde.

Vous vous demandez peut-être pourquoi seulement quatre parties du monde sont représentées et non pas cinq ? La réponse est liée à l’époque. Dans la seconde moitié du 19e siècle, l’Océanie fait encore l’objet d’explorations maritimes et toutes ses îles dispersées dans l’immensité de l’océan Pacifique ne sont pas encore totalement découvertes. Carpeaux a décidé de ne pas la faire figurer également pour des raisons d’équilibre et d’harmonie de l’œuvre.

Néanmoins cette œuvre suscita de nombreuses réactions à l’époque, notamment en 1872 lors d’une exposition annuelle qui se déroulait au Louvre où la statue fut exposée. Contrairement à ce que l’on imagine, ce n’est pas l’absence de l’Océanie qui fit débat, mais le style de la fontaine et de ses statues.

Fidèle à son goût pour le mouvement, Carpeaux représenta des femmes en train de danser une ronde, faisant ainsi tourner la sphère céleste autour de la Terre. Cela fit scandale. Un autre détail dérangea le public. À cette époque, l’ethnographie est en plein développement.

Chaque continent est donc représenté par une allégorie avec des traits, coiffures, voire des bijoux, considérés comme typiques : une longue natte pour l’Asie ou une coiffe de plumes pour l’Amérique. À sa cheville, l’Afrique porte une chaîne brisée, symbole de l’esclavage, sur laquelle l’Amérique pose son pied. Cela a été considéré comme un discours politique quelque peu embarrassant pour une commande publique.

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Sources :

pariszigzag.fr
unjourdeplusaparis.com
wikipedia.org
paristoric.com
viveparis.fr